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Jeanne captive, de Philippe Ramos [Quinzaine des Réalisateurs]

Maladresse ou prétention ? Philippe Ramos a bien mal engagé la séance avec un interminable one man show narcissique sur la difficulté de monter un projet singulier aujourd'hui (ce qui est vrai, c'est entendu) - one man show qui l’a vu, entre deux blagues laborieuses, se mettre à genou puis s’allonger, ne laissant pas son équipe dire un mot. On avait aimé Capitaine Achab entre autres pour sa folle ambition, et sans doute faut-il quelque hypertrophie de l’ego pour l'avoir, cette ambition. Relecture du calvaire de Jeanne d’Arc, Jeanne captive n'en manque évidemment pas. Sauf que, dénué de la délicatesse et du souffle qui traversaient Capitaine Achab, il franchit la limite entre ambition et prétention, risque et ridicule.

Ramos a filmé et monté le film tout seul. Résultat : une absence de sens de la lumière qui, si elle ne nuit pas aux plans de paysages, rend les scènes d’intérieur assez laides ; un cadrage à l’instinct pas très inspiré ; une direction d’acteur approximative qui tue dans l’œuf toute fascination ou émotion ; et un récit sans rythme, ponctué de ralentis bien cheap... Ça hésite entre l’épique, le mystique (voire le bigot) et l’intime, ça s’étire solennellement, ça frôle l'académisme, ça introduit de nouveaux personnages quand on croit que c’est enfin fini… Bref, ça déçoit.

La guerre est déclarée, de Valérie Donzelli [Semaine de la Critique]

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